La passion d'Angélique Spincer "L'Ile de la Réunion"
"L’île de la Réunion est mon île. Mes parents sont nés là-bas, j’y ai plus de la moitié de ma famille. Avec mon père, on y allait tous les étés. Cela fait deux ans que je n’y suis pas allée, et ça commence à me manquer. Mais il faut avoir du temps pour s’y rendre, au moins trois semaines car j’ai beaucoup de monde à y voir. J’espère y retourner bientôt, pour profiter de l’île, de ses paysages de rêve, entre mer et montagne. J’ai encore pleins de choses à découvrir. Je n’ai pas encore fait le Piton de la fournaise, le cirque de Mafate…
Tout y est différent de la métropole. L’environnement, les gens… A Paris les gens sont généralement super carrés, speeds, ils ne se disent pas bonjour. Là-bas ils sont tellement accueillants… Quand j’y suis, j’oublie tout. Je me ressource grave… Je suis tranquille, alors qu’à Paris je me sens pressée même quand je n’ai rien à faire. Les repas s’éternisent, tout le monde rigole autour de la table. Au final tu commences à manger à 16h sans même t’en rendre compte. J’aime passer du temps avec ma famille. Mes deux grands-mères y habitent, et ma grand-mère paternelle est très importante dans ma vie. C’est vraiment une source de motivation pour moi que de pouvoir leur faire plaisir en jouant au handball avec l’équipe de France. Je sais que ma grand-mère va m’appeler en voyant mon nom dans le Quotidien de la Réunion (le journal local). Ca me rend heureuse de la rendre heureuse.
Je suis tellement fière de mon histoire familiale et de faire partie du clan réunionnais du championnat de France. Je suis fière que mon père ait été le premier Réunionnais à venir jouer en métropole, amenant Jack (Jackson Richardson) dans ses bagages. Je parle de clan, c’est une image, mais je crois qu’un Réunionnais se reconnaît sur un terrain de hand. On a un style particulier, un jeu technique, spectaculaire, avec des tirs qui viennent de nulle part… Il y a quelque chose dans le coup de poignet qui fait qu’un Réunionnais se remarque sur un parquet. C’est juste un constat, je ne l’explique pas, mais c’est là, ancré en nous.
Je ne regrette pas d’avoir grandi en métropole, car c’est là que j’ai été détectée pour le handball. Ce que je regrette un peu, c’est de ne pas avoir l’accent créole quand je parle avec mes amies réunionnaises. Elles se moquent un peu de moi… Ma mère m’a toujours parlé en créole. A Issy je parlais beaucoup créole avec Audrey Sababady. Et dès que je croise une Réunionnaise, ça revient tout de suite, avec Martine Ringayen par exemple (l’ailière gauche de Metz). C’est toujours un plaisir, on se sent un peu au pays, même si elles se moquent de moi ! Cela dit, à la Réunion tout le monde me considère comme une vraie Réunionnaise, y compris les journalistes du Quotidien.
J’aimerais y vivre à l’avenir. J’essaierai peut-être de finir ma carrière là-bas. Mais je suis aussi parisienne, et ce n’est pas forcément évident de passer d’une grande ville où tout est toujours ouvert et où les possibilités de sorties sont multiples, à l’île de la Réunion. Mon idéal serait d’y avoir un appartement pour pouvoir y aller quand je veux, et alterner quelques mois sur place et quelques mois à Paris."