Si l'on en croit sa devise, « c'est son caractère qui fait à chacun sa destinée » (Cornélius Népos), les contours de la personnalité de Linda Pradel sont à priori tracés. Son avenir aisément dessiné. Un tempérament sincère, carré, voire obstiné qui lui garantissait donc un avenir mouvementé. Son attitude inflexible n'a pas toujours été du goût de ses entraîneurs et l'a parfois desservie. Marginale, elle s'accommodait difficilement avec l'autorité et la discipline. D'où son renvoi des sélections France jeunes, France juniors et sport-études.
La native de Trappes avançait sans s'écarter de sa ligne de conduite. Comme un code de valeurs auquel elle ne voudrait jamais déroger. Entêtée, mais toujours déterminée.
Si le personnage conflictuel a fait régulièrement couler beaucoup d'encre, son potentiel et son dynamisme ne souffrent d'aucune contestation. Tous s'accordent à dire que son sens de l'intuition est sa grande force. Celle qui la rend redoutable et redoutée sur les tirs de près. Une denrée rare, décelée dès le plus jeune âge. Le potentiel s'est ensuite bonifié lors de son arrivée au Havre en 2000. Quatre saisons durant lesquelles « la rebelle », surnom cher à Olivier Krumbholz, s'est fondue dans la masse. Est entrée dans le moule du professionnalisme où rigueur et fermeté sont des préceptes. Elle y a appris l'humilité, s'est mise au diapason du collectif messin aux côtés de filles chevronnées comme Isabelle Wendling. Une médaille de bronze à l'Euro 2006 est venue parfaire cette métamorphose. Un changement de cap qui s'est ensuite confirmé lors de son retour dans le club havrais en 2008, où elle évolue encore aujourd’hui, après une parenthèse d’un an à Alicante (Espagne).
Présentée comme la fille la plus douée de sa génération et la digne héritière de l'illustre Valérie Nicolas, Linda Pradel a dû accepter un rôle de doublure souvent des plus ingrats. Assurément plus nonchalante que son aînée, elle s'est finalement coulée dans le moule. Sans oublier de rester elle-même. A l'image de ce Mondial 2009 où, sans faire aucune apparition sur les terrains de Chine, elle a soutenu au mieux, en coulisse, ses camarades. Absente des épisodes 2010 et 2011, Olivier Krumbholz la rappelle pour combler l'absence d'Amandine Leynaud à l'automne 2012. Assagie, Linda Pradel a su s'affranchir de son caractère tumultueux pour se conformer aux exigences du handball de haut niveau. Elle a pris le rôle à sa mesure. Désireuse de servir la cause bleue chaque fois qu'il lui sera demandé de le faire.