Au premier regard, c'est sa frimousse, illuminée par un sourire candide et son regard de braise qui interpellent. Katty Piéjos est un rayon de soleil ardent, comme celui qui illumine chaque jour son île chérie de la Martinique. Ses frasques, ses expressions amusent, séduisent. On ne peut oublier cette fin d'après-midi morose de 2006, dans la banlieue de Stockholm. Elle a débarqué, radieuse, dans un hôtel perdu de la banlieue de la capitale suédoise, rappelée par Olivier Krumbholz pour remplacer Maakan Tounkara au pied levé sur le poste d'ailière droite. Elle avait 25 ans, et deux petites sélections au compteur. Mais sa fraîcheur avait décidé le sélectionneur des tricolores à l'inviter dans la danse. Doublure de Stéphanie Cano, elle fructifie l'aventure, quitte le froid scandinave une médaille autour du cou.
A Metz, on apprécie son énergie, teintée, paradoxalement d'une nonchalance qui n'est qu'un subtil complément de son charme. Katty Piéjos est étonnante. Etourdie, rêveuse, la demoiselle semble parfois s'échapper dans un autre monde. Vers une planète bercée par la musique de son île natale, celle du vent caressant voluptueusement les cocotiers plantés fièrement le long des plages de sable fin. Loin de chez elle, loin des siens, la gauchère est parfois nostalgique, mais ne se départit jamais de sa bonne humeur. Elle savoure chaque galop, chaque ballon poussé au fond des filets. Communique son émotion en levant, toujours, les bras vers le ciel. Le partage, l'échange sont ses leitmotivs. En 2007, lors du Mondial, le destin l'avait encore invitée dans la danse. Capitaine Cano blessée, Olivier l'avait intégrée, une fois encore, pour prendre part au tour principal. Lui avait offert ce présent inestimable de s'afficher sur ses terres d'adoption, dans ses Arènes de Lorraine. Le déchirement avait ensuite été douloureux quand elle avait dû renoncer au quart de finale. Fait rare, c'est, ce jour-là, une grande tristesse qui émanait de tous ses pores.
Mais Katty n'est pas fille à se laisser abattre. Depuis les retraits définitif de Stéphanie Cano et de Maakan Tounkara, l'équipe de France l'a placée aux avant-postes sur son angle droit. Elle a assumé la tâche. Parfois manqué de régularité, mais en sachant aussi mettre le feu. En ne s'économisant jamais. A tel point que c’est bien la taulière du poste que l’équipe de France a perdue un funeste vendredi soir du mois de septembre 2011. Rupture des ligaments croisés lors d’un entraînement avec Metz, juste avant de s’envoler pour la World Cup au Danemark. Privée alors d'un Mondial brésilien argenté, elle n'est pas non plus de l'aventure olympique. De retour à l'automne 2012, elle retrouve la confiance d'Olivier Krumbholz et partage désormais le poste avec Blandine Dancette pour former un binôme tout aussi varié que précieux.