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Claudine MENDY n° 8 La benjamine

Claudine MENDY

Il n’y a pas si longtemps, elle brillait encore sur une autre surface. Dans un autre costume. Loin des parquets, loin des ballets collectifs. Drapée dans un kimono blanc, pieds nus sur les tatamis, Claudine collectionnait les médailles. Championne de France UNSS, en individuel, par équipe... Le judo français tenait sans doute là un de ses espoirs. Mais la gamine des Yvelines, convaincue par un de ses professeurs de sport de collège, se laisse tenter par le jeu à sept. Et se découvre une curiosité, un intérêt pour la chose. Le club de Mantes l'accueille. Comprend très vite qu'il tient là un phénomène. Les mots de Patrice Folliot, entraîneur de l'époque, accréditent la thèse. En trente ans de carrière, le technicien n'a jamais vu une joueuse de cette trempe. Grande, futée, terriblement douée. Il ne faut pas s'étonner, alors, si le nom de « Clo » commence à circuler. On le murmure dans les travées des parquets nationaux. Les grands clubs français la convoitent. Elle choisira Le Havre en 2007. Elle n'a alors que 17 ans.

La gamine se familiarise très vite aux préaux de l'élite. Prend part aux épopées des équipes nationales jeunes. Et c'est tout naturellement qu'Olivier Krumbholz fait, pour la première fois, appel à ses services à l'occasion des matches de qualification pour le Mondial 2009, face à la Croatie. De ses premiers pas sous la tunique bleue, elle garde un souvenir palpitant. L'envie, profonde et sincère, de poursuivre l'aventure. A l'automne, alors que les grandes nations de ce monde fêtent leurs retrouvailles dans l'antre danois d'Aarhus, abri de la World Cup, Claudine s'affirme un peu plus. Avec toute l'insouciance de sa jeunesse, elle lâche un premier ballon improbable depuis le poste d'arrière. Un tir sec et franc, sans détours, sans fioritures. La grande gamine de Mantes enfile cinq autres perles, termine meilleure marqueuse de la rencontre. Fait étalage de ses talents sur un poste d'arrière qu'on lui a souvent refusé, mais qu'elle affectionne particulièrement.

Les regards s'attardent sur cette athlète, campée sur de solides appuis, dure au mal, vive et habile. Intrépide, aussi. Claudine Mendy est encore toute jeune, mais elle n'a pas froid aux yeux. Elle peut rendre bien des services au poste de pivot, mais, comme le dit Olivier Krumbholz, ce serait tellement dommage de se priver de ses qualités sur la base arrière… Lui la stabilise peu à peu à gauche, l’utilise aussi avec parcimonie comme demi-centre. A Metz, qu’elle a rejoint à l’été 2010, Sébastien Gardillou la fait évoluer à droite. C’est peu dire qu’elle est polyvalente. Et peu importe l’endroit, après tout. Les intervalles, elle s’y engouffre où qu’ils soient. Elles les ouvrent quand personne ne les voit. L’ancienne judokate est une fille sur qui on peut compter. Sérieuse, bosseuse. Très motivée. Son caractère a été forgé dans un autre monde, dans la rigueur d'un art martial qui lui a offert d'apprendre à contenir ses émotions. A garder son calme. A rester lucide. Fiable. Ces qualités n'ont pas échappé à Buducnost, le tenant de la Ligue des Champions. Mendy est une pionnière. La première Française à rejoindre une armada formée à 90% de joueuses de nationalité monténégrine. Celles là même qui ont privé la France d'une demi-finale à Londres. Nul doute que dans ses contrées éloignées, Claudine va encore apprendre. Et qu'elle servira encore mieux le collectif tricolore.