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Amélie GOUDJO n° 2 La persévérante

Amélie GOUDJO

C'est peut-être l'histoire d'un acte manqué. C'est en tout cas une histoire atypique. Amélie Goudjo n'a jamais vécu le moindre rassemblement avec les jeunes pousses de son âge. Jamais imaginé marivauder un jour avec les grandes. Elle s'était ouverte à la discipline à quinze ans, âge auquel d'autres songent déjà à changer d'horizon. Elle avait très vite senti qu'il serait surement plus judicieux de consacrer l'essentiel de son énergie aux études. Elle avait bien sûr des rêves, à peine susurrés. Des rêves d'ailleurs. De podiums. Alors la Lyonnaise a composé. Vécu sa passion avec retenue. Décroché son DESS Sociologie en développement local. Et beaucoup réfléchi à la vie, à ses équilibres. Jusqu'à choisir la voie du professionnalisme, en 2003. A peine deux ans plus tard, elle était invitée à revêtir le maillot bleu.

Internationale à vingt-cinq ans, donc. Par séquences seulement. Car son poste est gardé par deux monstres sacrés. Isabelle Wendling, la plus capée de l'histoire de France, et Véronique Pecqueux-Rolland, la plus emblématique. Ne reste que des miettes, alors, pour la pépite d'Hauteville, confinée à un rôle de second. Des miettes pour celle qui s'investit désormais sans compter. Qui croque chaque sollicitation, galope après le temps perdu. Passe de Toulon à Fleury-les-Aubrais, d'Issy-les-Moulineaux au Pays basque espagnol (Bera Bera). Elle aurait bien sûr aimé que l'écho des galops de Saint-Pétersbourg résonne jusqu'à Pau, où le Mondial 2007 avait trouvé son plus beau refuge. Elle aurait aimé un peu plus de gratitude ou de reconnaissance. Mais la demoiselle connaît la patience, la persévérance. Elle sait que rien ne remplace la confiance d'un coach. Celle dont elle a fini par jouir, sur le tard...

Une confiance désormais absolue. La roue a tourné. Le travail a fini par payer. Olivier Krumbholz aime son investissement, sa sérénité. Adore sa combativité. Et puisqu'elle a déjà partagé le quotidien de nombreuses joueuses, souvent démontré ses aptitudes à rassurer, motiver, il en a fait sa capitaine. L'habit lui sied à merveille. A Fleury-les-Aubrais, déjà, elle avait porté le brassard dès ses premiers pas. De retour en France, à Issy, elle est la clé de voûte d'un collectif jeune et fougueux. Le repère. Celui de l'expérience et de la sagesse. Cadre indéniable de l'épopée argentée au Mondial chinois de 2009, elle est maintenant bien installée en équipe de France. Forme un duo très solide avec Nina Kanto. Ne rechigne jamais à prendre ses responsabilités. Amélie Goudjo aime cet équilibre entre le rôle de pilote et celui de joueuse. Elle aime discourir. Rassembler. Elle aime échanger avec les jeunes. Et elle aime surtout les responsabilités. Si longtemps attendue, elle était devenue un rouage essentiel. Comme sa grande amie Raphaëlle Tervel, elle avait pourtant annoncé sa retraite après les JO de Londres. Elle ne sera finalement pas du voyage. Les choix restreints du nombre de joueuses lui ont coûté ce dernier plaisir. Mais Amélie demeure une clé de voute du club d'Issy Paris et a laissé, indéniablement, son emprunte en équipe de France.