Aujourd'hui encore, elle s'étonne de tout. D'avoir été élue révélation de l'année lors de la soirée des Etoiles de la Ligue Féminine au printemps 2009. D'être là, parmi les grandes. Gamine, elle n'avait pas forcément rêvé un tel parcours, même si le sport a toujours tenu une place prépondérante dans son existence. La native de Firminy n'est pas du genre à s'afficher, à se mettre en avant. Même si derrière son sourire timide, sa mine juvénile, se cache une demoiselle avenante et pleine de fraîcheur. Elle s'estime encore trop timorée dans le jeu, pas assez intrépide. Mais peu à peu, elle prend de l’assurance. A Nîmes, elle a trouvé un nid où s'épanouir, où puiser la force de croire davantage en elle. Sans surprise, Blandine confesse l'admiration qu'elle porte à Estelle Vogein, qui occupait son poste dans l’équipe championne du Monde en 2003. Loue son efficacité au tir... et sa discrétion.
« Blanchette », son surnom en équipe de France, se nourrit de chaque instant nouveau. Il en a été de même quand elle est venue au handball. Sur le tard. Ce n'est qu'à l'âge de onze ans qu'elle a intégré le club de Saint-Etienne-Andrézieux. Avant ça, elle a pris le temps de grandir ailleurs : le judo, pendant longtemps, la gymnastique aussi. A l'aube de l'adolescence, elle aurait aimé se mettre au football, mais son papa n'était pas fan. Il lui a conseillé le basket-ball. Elle a préféré le handball, d'abord pour faire comme un de ses voisins, ami d'enfance.
Puis, tout s'est enchaîné. Après s'être longtemps entraînée avec les garçons, faute d'équipe féminine, elle intègre les collectifs départementaux, régionaux puis le pôle espoir de Lyon pour deux années. Prise dans le jeu de la compétition, elle s'investit, travaille beaucoup. Finalement, Blandine s'installe dans les collectifs France jeunes, garde un souvenir délicieux de la médaille de bronze rapportée d'Autriche lors de l'Euro de 2005. Elle avait 17 ans. Quatre ans plus tard, Olivier Krumbholz, séduit par ses prestations à Nîmes, la convoque lors de deux confrontations amicales face à la Norvège. Alignée dans l'équipe A', elle n'en a pas moins savouré le bonheur de s'exposer devant les siens dans le Palais des Sports de Saint-Étienne, lieu de ses premiers ébats avec la discipline plusieurs années auparavant.
Blandine n'oubliera pas non plus sa première aventure officielle sous la tunique bleue en Italie, à l'occasion des Jeux Méditerranéens. En 2009, elle n'ose caresser l'espoir d'un siège à son nom dans l'avion pour le Mondial Chine. Elle en fut, finalement. Toute à sa joie de revenir une médaille d'argent autour du cou, même si elle a bénéficié d’un temps de jeu réduit. Elle a encore dû ronger son frein l’année suivante, lors de l’Euro en Norvège. Présente avec le groupe, mais en dehors de la liste des seize habilitées à fouler les parquets, elle finira par se blesser lors du dernier entraînement. La poisse. Mais elle n’abdique pas. La blessure de Katty Piéjos lui donne enfin l’occasion de s’exprimer pleinement avec les Bleues, à l’automne 2011. Cette fois, elle saisit à pleines mains l'opportunité de s'exprimer à chaque instant de présence sur le terrain au Brésil. Elle rentre une deuxième breloque en argent autour du coup, alors que se profile les JO de Londres. Longtemps numéro trois sur son poste, Blandine est un modèle de rigueur. Ses qualités défensives et son application en font désormais une incontestable valeur sûre des Femmes de Défis.