Beaucoup se sont amusés à jouer sur les mots, à jongler avec son nom, lors de son éclosion, assurant que « l'Ayglon » avait quitté le nid, pris son envol. Dressée sur ses gambettes, la longiligne gauchère du Gard s’est d'abord étonnée de ses passages sous la tunique aux trois couleurs, de côtoyer les grands noms de la discipline. Elle qui n'avait, dans un premier temps, pas forcément mis le handball en tête de ses projets de vie. Lui préférant d'autres sphères, s'appliquant à réussir, surtout, sa scolarité.
Et un beau jour, une fois son diplôme universitaire en poche, elle s'est finalement décidée à tenter sa chance, à tout mettre en œuvre pour goûter à l'aventure du haut niveau. Histoire de ne rien regretter. En quête d'une gauchère sur le poste toujours délicat d'arrière droite, Olivier Krumbholz ne s’est pas fait prier pour la convoquer. Bonne pioche. Forgée dans le berceau du Parnasse nîmois, où elle a fait ses premiers pas dans l'élite hexagonale, Camille n’a depuis cessé de prendre de l’envergure. A tel point qu’aujourd’hui, elle forme avec Alexandra Lacrabère un duo aussi efficace que complémentaire, mâture et diablement envié par les autres nations…
Pour grandir, Camille n’a pas hésité à quitter son berceau. Elle aurait pu choisir l’étranger. Elle a préféré la Lorraine. En deux saisons, elle y a glané quelques titres, avant de s’éloigner des Arènes de Metz pour retrouver « les siennes », à Nîmes, à l’aube de la saison 2010/2011. Chez les Bleues, elle est désormais une des patronnes de la phalange. Ô combien précieuse en attaque, sur les tirs à distance comme dans les prises d’intervalle. Indispensable au centre de la défense, un secteur dans lequel elle n’a jamais déçu. Pétillante, elle n'est jamais en retard pour la déconne, au sein d’un groupe où elle est parfaitement intégrée.
La Nîmoise et son accent délicieux ont été de toutes les campagnes depuis le Mondial 2007, organisé aux quatre coins de l'hexagone. Elle s'est nourrie de ces expériences. Elle a grandi. Depuis son retour dans le Gard, Camille Ayglon ne cesse de donner satisfaction sous les couleurs de ses débuts où elle est indubitablement la pierre angulaire du collectif. En équipe de France, elle a parfaitement saisi le sens et l'importance de son rôle dans une sélection où elle fait désormais partie des murs. Porter les effets tricolores est devenu une habitude qu'elle n'oublie, pour autant, jamais de savourer. Après une fin d'olympiade marquée tout à la fois par l'Argent du Mondial brésilien et l'amère désillusion du quart de finale des JO de Londres, elle a vécu la digestion délicate de l'automne. Son caractère et sa simplicité ne l'ont jamais quittée. Equilibrée à la scène comme à la ville, elle devient, d'année en année, un rouage indispensable des Bleues.