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ENTRETIEN DU LUNDI - Estelle Nze-Minko : « Cette explosivité a toujours été ma force. »

Depuis le dimanche 18 décembre où elle remportait la médaille de bronze de l’Euro 2016 en Suède, Estelle Nze-Minko n’a plus porté le maillot tricolore. Et pour cause, l’équipe de France effectuera sa rentrée 2017 au Mans et à Orléans pour la 3e étape de la Golden League (16 au 19 mars). Depuis les bords du lac Balaton en Hongrie, Estelle confie sa joie de bientôt retrouver ses coéquipières et le public français.

Comment se passe cette première saison en Hongrie, au Siofok KC ?
Nous sommes actuellement en huitième position du championnat. On vient de débuter la phase retour et on s’accroche pour obtenir la 6e place qui est européenne. Nous avons été éliminées de la Coupe de Hongrie et cette saison nous n’avons pas disputé la Coupe d’Europe.

N’est-ce pas un calendrier idéal pour se remettre d’une année 2016 harassante ?

Pendant les Jeux Olympiques, je ne réalisais pas à quel point la fatigue me poursuivrait sur le long terme. Lors de la 1e partie de la saison je me demandais pourquoi j’étais si fatiguée mais j’étais encore marquée par la préparation et les J.O. Puis il a fallu enchaîner sur l’Euro en Suède. Même si le championnat avec 14 équipes est assez rude physiquement, je ne savais pas que ce serait une bonne chose pour la récupération de rejoindre Sofiok. Les déplacements n’excèdent pas 02h-02h30 et après les matches à l’extérieur je suis toujours de retour chez moi avant minuit.

Arrière droite, arrière gauche, demi-centre, quel est ton poste préféré ?
Cela dépend en fait mais j’aime les trois postes. J’ai une préférence pour ceux de demi-centre et d’arrière gauche. Lorsque je joue arrière, je trouve que c’est plus confortable et avec mes qualités physiques, je pense que je m‘exprime mieux comme arrière gauche. J’apprécie aussi la dimension intellectuelle, si j’ose dire, du poste de demi-centre avec le travail tactique. Voilà, les deux postes m’enrichissent beaucoup.

Et pourtant tu avais débuté à l’aile gauche…
En effet lorsque j’ai débuté en LFH, à Toulouse, je jouais à l’aile. Un jour, j’arrive à l’entraînement et les deux demi-centres étaient malades. C’est mon entraîneur de l’époque, Olivier Orfèvres, qui m’a dirigé vers le poste de demi-centre. À la fin de l’entraînement, il me dit : « tu files chez Sophie Herbrecht pour qu’elle t’explique les enchaînements et tu les apprends pas cœur car désormais tu joueras demi-centre. » Il s’y est tenu jusqu’à la fin de la saison. J’ai ensuite été recrutée à Mios-Bigabos sur ce poste.

As-tu joué en position de défenseuse avancée avec Sofiok ?
Nous avons débuté la saison avec un système défensif en 3-2-1 mais suite aux changements de joueuses à l’intersaison, nous sommes revenues depuis sur un système plus classique en 0-6.

Tes qualités de vitesse sont-elles naturelles ou les as-tu travaillées spécifiquement ?
Je suis à l’aise avec mes jambes qui répondent vite ! J’ai des qualités physiques naturelles que j’entretiens bien sûr. Lorsque j’ai commencé le Hand, mes qualités étaient clairement basées sur le physique et aujourd’hui elles me caractérisent encore. Cette explosivité a toujours été ma force.

Avec un peu plus de recul, quel regard portes-tu sur votre double performance : l’argent olympique puis le bronze à l’Euro ?
La période des J.O. a été émotionnellement hyper forte, c’est un moment qui te retourne vraiment. Mais après les J.O., ma grande crainte était le regard des autres et même aussi à l’intérieur de l’équipe, sur le thème « elles ont eu de la chance, bla bla bla… » Sur l’Euro en Suède, je voulais absolument que l’on confirme. En ce sens, la médaille de l’Euro a validé la médaille olympique pour lui donner encore plus de sens. Cela nous a prouvé aussi à nous-mêmes que nous sommes capables de répéter des performances. Au cours de cette année 2016, je me suis construite en tant que joueuse et en tant que personne. J’ai appris à mieux me connaître.

C’est à dire ?
Bah je suis plus à l’aise dans mes baskets. En fait j’étais pas mal complexée par rapport à mon jeu atypique qui correspond un peu à mon caractère. Mais cela me dérangeait qu’on me voit comme ça, que l’on pense : « on la balance en joker car elle fonce tout droit. » Je n’avais pas envie de dégager cela car ce n’est pas ma vérité. En réalité, cela partait de moi mais j’ai réussi à m’assumer au travers des discussions que j’ai pu avoir par exemple pendant les J.O. avec des Handballeuses ou d’autres sportives.

Cette image de joker, tu l’avais avantageusement démontré lors de ce match décisif dans le processus de qualification pour les J.O. (places 5 et 6). Un match disputé à Budapest face à la Hongrie, en conclusion de l’Euro 2014…
C’était ma première compétition avec les Bleues que j’avais essentiellement passée sur le banc. J’avais bien accepté mon rôle, sans amertume car j’étais à ma place. Ma fierté est d’avoir réussi à exister dans ce match qui comptait pour la qualification et d’avoir aidé l’équipe. J’associe ce moment à un micro cap.

As-tu hésité au moment de prolonger d’une saison supplémentaire avec le Siofok KC ?
Non je n’ai pas longtemps, hésité. Là aussi avec plus de maturité, tu réfléchis bien à des aspects tels que l’environnement. Je me sens bien ici et j’ai envie de simplifier ma vie après avoir beaucoup bougé et dans des grandes villes : Toulouse, Bordeaux, Nantes… Pour tout dire, j’ai plaisir à me retrouver un peu toute seule. Je me suis un peu calmée sur l’aspect extra-sportif après ma vie d’étudiante. Aujourd’hui j’ai une prof particulière d’anglais et je suis vraiment déterminée à rentrer bilingue. Je vis au bord du lac Balaton et je suis à un petite heure de route de Budapest, c’est idéal.

L’équipe de France ne disputera pas de matches officiels avant le Mondial en Allemagne en décembre prochain. Comment faire pour se motiver sur des matches d’entraînement, à commencer par la Golden League ?
La vraie adrénaline, c’est la compétition officielle. Chaque année, on en reprend pour une dose d’héroïne. Enfin, je vois le truc comme ça (rires). Je vais bientôt retrouver les filles avec un immense plaisir d’autant que je les croise peu depuis mon arrivée en Hongrie. Partir une semaine en stage, c’est un régal. On vit bien ensemble et tout le monde l’a compris, ce n’est pas du bluff. Même s’il n’y a pas d’enjeu, la Golden League est un super tournoi avec des grandes équipes. En plus, la cerise sur le gâteau, ce seront nos retrouvailles avec le public français. On a huit mois pour progresser énormément jusqu’au Mondial et je veux arriver meilleure qu’à l’Euro.

Après le succès du Mondial 2017, l’Euro 2018 est-il enfin plus concret ?
Bien sur j’y ai pensé en regardant les gars. Un événement à la maison génère une grosse attente mais il y a tellement de paramètres… Au fond de toi tu as toujours une réserve tant que tu n’es pas assurée de participer.
Il y a un an de cela, cela faisait tellement longtemps que nous n’avions pas remporté de médaille que c’était difficile de se projeter sur l’Euro 2018. Aujourd’hui, nous savons que nous pouvons performer régulièrement et cela rend concret l’idée de gagner une compétition chez soi.